LA MODE




Qu'est-ce que la "mode" ? Quelles sont ses caractéristiques qui la composent ? Comment a-t-elle évolué dans le temps ? A quoi sert-elle ? Pourquoi suivre les phénomènes de mode ? Toutes ces questions que l'on ne se pose pas vraiment car la mode est évidente pour tout le monde, il faut la suivre. Pourtant quand on veut travailler pour alimenter la mode, il faut savoir répondre à ces questions. C'est pourquoi, je compte ouvrir une nouvelle rubrique intitulée "Zoom sur..." que vous retrouverez facilement sous la catégorie "Fashion" puis sur "Zoom sur...".

Dans ce premier volet, on va essayer de mieux comprendre ce qui définit la mode en passant par plusieurs définitions. Toutefois, les prochains articles seront plus axés sur l'histoire en général de la mode vers le travail d'un couturier en particulier.

Pour moi, la "mode" c'est un phénomène de société de consommation suivant une tendance vestimentaire proposée pendant les Fashion Week ou puisée dans les looks des stars.








SEELING, "mode" : "... la mode est la séduction à l'état pur : toujours nouvelle, toujours différente, parfois chatoyante, parfois choquante, hier futuriste, aujourd'hui nostalgique. Mais elle n'est pas lunatique ! ... Elle est toujours l'expression de son époque. ... la mode est plus que l'habit dont on se moque comme de sa première chemise ! ... le fait qu'une silhouette aille bien, que des proportions soient équilibrées ou qu'un contraste de couleurs soit soudain harmonieux. La mode peut être tout autant être une imposture qu'un art. Dans tous les cas, c'est un signe de civilisation : en nous habillant nous nous différencions des animaux. ... La mode fut tardivement à la mode. ... La mode est aimée partout". Elle continue, sur sa lancée, en répondante à la question "Comment la mode est devenue à la mode ? Invention de la Haute Couture"









LAROUSSE, "mode"
: "1/ Littéraire. Manière de vivre, de se comporter, propre à une époque, à un pays (ex : Se conformer à la mode de chez nous.) ; 2/ Manière passagère de se conduire, de penser, considérée comme de bon ton dans un milieu, à un moment donné (ex : La mode des vacances à la ferme. La mode des cheveux courts. Suivre la mode.) ; 3/ Aspect caractéristique des vêtements correspondant à une période bien définie ; modèle correspondant à cette caractéristique (ex : Mode de printemps. Journal de mode.) ; 4/ Commerce, industrie de la toilette (ex : Travailler dans la mode.)"






WIKIPEDIA, "mode"
: "La mode (ou les modes), et plus précisément la mode vestimentaire, désigne la manière de se vêtir, conformément au goût d'une époque dans une région donnée. C'est un phénomène impliquant le collectif via la société, le regard qu'elle renvoie, les codes qu'elle impose et le goût individuel. La mode concerne non seulement le vêtement mais aussi les accessoires, le maquillage, le parfum et même les modifications corporelles. Les facteurs déterminant la mode sont parfois une recherche esthétique (notamment pour les grands créateurs). Néanmoins, la mode est aussi déterminée par d'autres facteurs, pour ceux qui la suivent : un moyen d'affirmer son rang social, son groupe social, son pouvoir d'achat et sa personnalité ; ou bien pour les créateurs qui imitent, un moyen commode de gagner de l'argent et du succès. L'une de ses caractéristiques vient de son changement incessant, incitant par là-même à renouveler le vêtement avant que celui-ci ne soit usé ou inadapté."





Histoire de la Mode, "mode" : "On parle souvent de mode… mais qu’est-ce que c’est la mode? Quand est-ce qu’elle est apparue ? Eh bien, on pourrait définir la mode comme une tendance dans la manière de se vêtir, conformément au goût d’une époque dans une région donnée. C’est un phénomène qui implique le collectif de la société. Comme on sait, il y a plusieurs facteurs qui sont liés très directement avec la mode. Le plus déterminant est la recherche d’une esthétique, mais on trouve aussi la mode comme un moyen d’affirmer son rang social, son pouvoir d’achat ou sa personnalité.

Ces facteurs-là sont propres aux sociétés « non-antiques » pour ainsi dire, où le vêtement dépasse le fait banal de se vêtir et il n’est plus un élément pour  la surveillance mais une question d’appartenance social. On arrive ainsi à la question de la date de naissance de la mode." [...]









Gilles LIPOVETSKY, "tendance"
: "Il s’agit, selon moi, d’un phénomène social qui concerne les goûts, les styles, les manières de vivre et se caractérise par un temps court, un changement rapide. Autrement dit par un cycle durant lequel on observe un engouement collectif suivi d’un rapide désamour." [...] "D’une certaine façon, nous n’avons jamais été aussi libres en matière de mode, à tel point qu’il devient difficile aujourd’hui d’être démodé !" [...] "Le permanent devient vite monotonie, routine, ennui."[...] "Aujourd’hui, triomphent une logique d’individualisation et une quête effrénée du bonheur personnel." [...]







Florence MÜLLER, "tendances et innovations" : "L’aristocratie continue de décider des tendances mais elle se mêle de plus en plus à une haute-bourgeoisie devenue très prospère." [...] "Clientes et fournisseurs attendent alors l’oracle du couturier qui décide du tissu, de la couleur, etc." [...] "La définition même de la Haute Couture… En effet, elle ne réside pas dans le fait-main ou le sur-mesure mais dans l’idée créatrice, l’invention «artistique» du couturier. Une idée qui place clientes et fournisseurs dans une même position de soumission. Tous attendent désormais l’oracle du couturier qui décide du tissu, de la couleur, etc. C’est l’avènement de la notion de création dans la couture avec, dans la foulée de Worth, de grands noms tels Doucet, La Ferrière, Pingat, Lanvin. Tout cela contribue au triomphe de la mode qui multiplie les sources d’inspiration : un événement politique, l’influence de la colonisation (avec la vogue du burnous porté sur des crinolines) et surtout la peinture. Les peintres du XIXème (Ingres, Degas, Monet, Renoir…) sont aussi des portraitistes de robes. Commander un portrait est une question de prestige et le choix de la robe est presque plus important que le traitement du visage." [...] "Autre nouveauté, les maisons inventent le métier de styliste en engageant des jeunes femmes qui ont du goût, qui les conseillent et orientent leurs collections." [...]





Sarah LERFEL, "La règle d'or d'une tendance, c'est sa capacité à surprendre"
: "Pour qu’une tendance se fasse jour, il faut tout d’abord qu’elle soit remarquée. La presse, les bureaux de style, les sites, les blogs font leur travail mais dans ce domaine, il ne faut pas oublier le rôle souvent déterminant du hasard, d’une succession de hasards." [...] " La tendance - la vraie -, celle que je traque, c’est la nouveauté. Selon moi, la première règle d’or d’une tendance, c’est sa capacité à surprendre. Il nous faut quelque chose de jamais vu, une pièce qui renouvelle le genre." [...] "Plus exactement, elles ne disparaissent pas car elles se transforment en courant de mode. Elles deviennent des intemporels. Leur répétition est évidente car ils correspondent à une nécessité. Sans jamais lasser."






Nelly RODI, "Tendances et communautés" : "Le mot tendance est né avec le prêt-à-porter, quand la production de vêtements en série a réellement vu le jour." [...] "Nous n’étions pas conscients de la force du consommateur.
C’est dans les années 80 que nous avons assisté au renversement de la situation." [...] "Mais aujourd’hui, la règle d’or est de mixer les inspirations. Jusque dans les années 90, on fonctionnait par panoplies, aujourd’hui c’est fini. Désormais, il faut appartenir à sa communauté mais également créer son propre style. Et cette singularité, tant recherchée, se fait par le mélange des tendances : le choix particulier d’un sac, d’une paire de chaussures, de lunettes. Les accessoires sont devenus l’essence même du style." [...] "Les tendances sont passées d’un moyen de distinction à un moyen d’expression." [...] "Quel avenir pour ces tendances ? Elles vont bien sûr continuer à rythmer, à colorer notre vie. Elles sont devenues un véritable moyen d’expression et, à ce titre, elles ne peuvent disparaître. C’est d’ailleurs là une grande révolution. Les tendances sont passées d’un moyen de distinction à un moyen d’expression, ceci depuis les années 90. Et la mode est devenue un lieu d’expression, mais aussi de création." [...] "On a intégré que le vêtement avait une valeur, qu’il était le signe d’une époque et d’une personnalité. Le consommateur a également compris que l’image qui se reflète dans son miroir quand il s’habille sera également celle qu’il va offrir aux autres. Notre rapport au vêtement a totalement changé. Il y a cinquante ans, on s’habillait pour soi, ce qui était vécu comme une frivolité, presque un pêché. Aujourd’hui, on sait qu’on exprime là une partie de soi." [...]




Pascal MONFORT, "Tendances et réseaux sociaux" : "Aujourd’hui, une fille qui vit loin de tout peut parcourir les réseaux sociaux et suivre des fans de mode comme si elle s’installait à la terrasse d’un café du Marais. Son magazine lui relayait les mêmes informations mais Facebook apporte une extraordinaire valeur ajoutée : la capacité à l’identification. Il s’agit d’un phénomène très important, notamment pour les françaises qui sont assez consensuelles, qui ne prennent pas de risques, au contraire des anglaises souvent plus extravagantes. Si une française repère une pièce qui lui plaît, il faudra ensuite qu’elle la voit dans un magazine, puis portée par une amie branchée pour qu’elle décide de se l’approprier. Vecteur idéal pour les groupes géographiquement excentrés, les réseaux sociaux sont aussi parfaits pour les timides. Tous les utilisateurs ont conscience que leur page est leur vitrine. " [...] "Les réseaux sociaux donnent l’impression que la diffusion des tendances s’effectue en accéléré et qu’elle est sans limite." [...] " Dans ce même esprit communautaire, les blogs jouent un rôle de plus en plus important. Le phénomène du moment est le lecturial. Il s’agit de minividéos que postent les jeunes femmes avec des conseils, des petits cours. L’engouement est total, les lecturials jouant le rôle de vraies copines." [...] "L’avenir est aux réseaux sélectifs, qui sont à la fois largement ouverts sur le monde et, en même temps, réduits à une communauté strictement sélectionnée."





Régis PENNEL, « l’e-commerce participe à l’accélération des cycles de mode »
: "Grâce au e-commerce, la mode passe du défilé au dressing de la cliente avec la même immédiateté." [...]  "L’e-commerce ne révolutionne pas la tendance mais il la rend directement accessible et c’est une valeur ajoutée essentielle. Il permet aussi de prendre un peu de recul, ce qui correspond selon moi à un désir grandissant des consommateurs." [...] "Tous les six mois, une tendance en chasse une autre et le public a parfois du mal à comprendre cela. Par conséquent, les femmes délaissent l’idée de tendance et se concentrent sur la recherche d’une belle pièce, plus intemporelle et de qualité. Par la richesse et la précision de sa sélection, l’e-commerce répond parfaitement à ce désir…" [...] " Il va tout d’abord participer à l’accélération des cycles de mode." [...] "En tout cas, l’avenir est là : via l’e-commerce, les tendances seront de plus en plus accessibles et de plus en plus tôt. Cela colle d’ailleurs au rythme de la presse qui commente largement les défilés et parle donc d’une mode qui, aujourd’hui, n’est pas disponible. C’est tout le défi des e-commerçants. Offrir au plus vite les tendances qui émergent quitte à devenir producteurs." [...]







Frédéric BIOUSSE, "Quel avenir pour les tendances ?" 
: "1/ La mode masculine s’est développée à un rythme important. 2/ Les tendances ont pénétré la province alors que tout se passait auparavant à Paris. Cette dernière transformation est largement due au travail réalisé par les magazines féminins, qui ont joué là un rôle essentiel. Ils ont commencé à cibler la province avec des éditions régionales mettant en avant des créatrices, des initiatives locales." [...] "Avant, c’était l’originalité qui faisait la personnalité. Désormais, il faut faire partie d’une communauté, d’une caste." [...] "Il y aura toujours de nouvelles tendances, mais davantage de transparence et d’éthique…" [...] "Partout dans le monde, les grands magasins dédient des étages entiers aux «Contemporary Designers». Ces marques moyen de gamme séduisent en offrant une mode créative et à un prix moins élevé." [...]




Et pour vous, la mode ça rime à quoi ? 




- Références

* Charlotte SEELING, Mode, 150 ans d'histoire, Couturiers, Stylistes, Marques, 2014 (lien)
* Avec la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, Qu'est-ce qu'une tendance de mode ? (lien)

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